Le Groupe canadien des observations de la Terre (GCOT) a été formé afin de fournir un cadre de gouvernance fédéral pour la coordination des initiatives de l’observation de la Terre (OT) du Canada. Les objectifs de haut niveau du GCOT visent à faire avancer les OT coordonnées au Canada et à harmoniser la position et l’engagement du Canada avec les initiatives du Groupe des observations de la Terre (GOT) international.
Le Canada est un membre actif du GOT international, un consortium en pleine croissance, regroupant 75 pays membres et 51 organisations participantes (décembre 2008). En 2005, le GOT a élaboré un plan décennal de mise en œuvre en vue d’élaborer un Global Earth Observation System of Systems (GEOSS) pour mieux comprendre et résoudre les problèmes liés aux enjeux environnementaux et socioéconomiques globaux.
Le gouvernement du Canada a établi le GCOT en septembre 2005 "avec la vision ci après: Un Canada sain, sécuritaire et prospère par l'entremise d'observations de la Terre durables et coordonées".
Les services ministères du GCOT ont par la suite mis sur pied un secrétariat interministériel afin de coordonner les initiatives connexes du GOT, les activités et les communications au sein du gouvernement fédéral et du processus du GOT international.
Au cours des dernières années, les Canadiens ont été touchés par un certain nombre de phénomènes nuisibles sur le plan économique, entre autres la tempête de verglas de 1998, les incendies de forêt dans l’Ouest du Canada, la panne d’électricité en Ontario à l’été 2003 et les violentes tempêtes hivernales qui ont frappé la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard en février 2004. L’inondation de la rivière Saguenay en 1996, celle de la rivière Rouge en 1997, la tempête de verglas dans l’Est du Canada en 1998 et les incendies de forêt en Colombie-Britannique en 2003 ont causé des dommages évalués à 7,7 milliards de dollars.
Hormis les catastrophes majeures, des pertes économiques permanentes sont attribuables à des phénomènes comme la grêle et à d’autres phénomènes météorologiques violents. Selon les estimations, les tempêtes de grêle détruisent, en moyenne, chaque année au Canada environ trois pour cent des récoltes des prairies, causant des dommages s’élevant approximativement à 100 millions de dollars.
Un rapport récent révèle qu’à l’échelle planétaire les catastrophes ont provoqué, entre 1990 et 1999, le décès de 500 000 personnes et des dommages totalisant 750 milliards de dollars. (Source : rapport découlant de la Stratégie internationale pour la prévention des catastrophes intitulé :« Living with Risk : A global review of disaster reduction initiatives »)
Les phénomènes dangereux peuvent provoquer une série de catastrophes additionnelles, comme les éclosions de maladies qui suivent d’ordinaire les inondations ou les tremblements de terre. Ces phénomènes sont une cause principale de décès et de dommages à la propriété et peuvent avoir une incidence sur des ressources naturelles clés.
En renforçant notre capacité de prévoir, de surveiller et de réagir aux phénomènes dangereux d’origine naturelle, humaine ou combinée, nous pouvons réduire la fréquence et la gravité des catastrophes. Pour pouvoir progresser, nous devons absolument disposer d’information provenant d’activités d’observation de la Terre bien conçues et intégrées.
Elles prennent la forme d’évaluations et d’analyses méthodiques, à long terme, de l’atmosphère, des continents, des océans et des écosystèmes de la Terre. Les Canadiens sont de plus en plus tributaires des données découlant de l’observation de la Terre aux fins des services météorologiques, de l’agriculture, de la gestion des océans, des transports et de bon nombre d’autres applications. Le renforcement de nos capacités mondiales d’observation de la Terre offrira des avantages significatifs dans un certain nombre de secteurs.
Le scénario suivant montre que les données découlant de l’observation de la Terre pourraient être mises à profit, d’ici quelques années, aux fins de la prévention du risque qu’un incendie soit hors de contrôle.
De meilleures observations de la quantité de combustible sec (biomasse contenant peu d’eau), faites à la fin de l’automne au sud de Kelowna en Colombie-Britannique, révèlent, par exemple, un risque élevé de graves incendies. Selon les observations relatives aux vents et les données météorologiques, la foudre pourrait provoquer des incendies irrépressibles dans les jours qui suivent. La surveillance accrue par satellite permet de détecter l’existence potentielle d’un incendie irréprimé, celle-ci étant rapidement confirmée par des observateurs à bord d’un avion. Des cartes des secteurs à risque sont dressées et les administrations locales diffusent des alertes au feu à la population, aux fonctionnaires gouvernementaux et aux médias concernés. Des cartes tactiques de même que des plans d’évacuation sont établis à mesure que les équipes d’intervention se déploient et que les gens sont éloignés de tout danger immédiat. Des demandes d’équipement sont faites et des plans de déploiement optimal sont élaborés, sur la base de modèles précis de prévisions locales de la température et des fumées, entre autres des conséquences de l’incendie lui-même. Les profils des vents à des niveaux supérieurs et la température à une plus grande échelle sont pris en considération dans les prévisions de l’éventuelle propagation de l’incendie et de l’efficacité relative des diverses options en matière de gestion de ce dernier.
Une fois l’incendie maîtrisé en l’espace de deux jours, le phénomène est passé en revue, en compagnie de tous les intéressés, aux fins d’amélioration des préparatifs et des interventions futures dans de tels cas. Si ces incendies pouvaient être jugulés dans un délai de quelques jours, cela représenterait une remarquable réussite, comparativement aux incendies désastreux qui ont ravagé la région en août et en septembre 2003. Nous avons dû investir plus de 600 millions de dollars dans la lutte contre ces incendies qui ont causé des dommages à la propriété et des pertes économiques atteignant des millions de dollars.
L’amélioration et la coordination accrue des activités d’observation de la Terre, combinées à une meilleure analyse des chiffres provisoires, peuvent procurer des avantages socio-économiques similaires dans bon nombre de domaines particuliers, entre autres :
Le Canada a une occasion unique de contribuer à l’orientation des activités futures en matière d’observation de la Terre, pour notre pays et pour la reste du monde. En collaborant avec nos partenaires internationaux, nous pouvons élargir nos connaissances et mieux comprendre notre planète et son évolution.
En renforçant nos réseaux d’observation de la Terre, le Canada et les autres pays jouiront d’un environnement plus sain, amélioreront la santé de leurs populations et consolideront leur économie.
Le renforcement de notre capacité d’observation de la Terre comportera des avantages pour chaque région du Canada. Par exemple, la consolidation du réseau d’observation de la Terre favorisera la gestion des pêches sur les deux côtes et la pêche intérieure tandis que, dans toutes les régions, elle sera également profitable du point de vue des villes et de l’agriculture.
Alors que bon nombre d’applications découlant de l’observation de la Terre auront une utilité pour l’ensemble des Canadiens, quelques-unes d’entre elles seront bénéfiques pour des régions en particulier. Les exemples ci-dessous donnent un aperçu de certains de ces avantages.
Au cours des dernières années, les provinces maritimes ont été le théâtre de plusieurs phénomènes météorologiques extrêmes, qui ont été coûteux et tragiques. Parmi les plus destructeurs, signalons les fortes précipitations et les vents violents. En 2003, l’ouragan Juan a causé des dommages de plus de 100 millions de dollars. Si l’on pouvait mieux prévoir ces phénomènes, les Canadiens auraient plus de temps pour s’y préparer et leur action destructrice serait réduite.
L’amélioration des prévisions météorologiques maritimes ayant une incidence considérable (tempêtes, embruns verglaçants et brouillard) permettrait aux pêcheurs, aux personnes qui travaillent sur les plates-formes de forage en mer et aux plaisanciers d’éviter de s’exposer à des phénomènes qui mettent leur vie en danger.
Chaque année, près de 6 000 opérations de recherche et sauvetage sont menées dans les régions côtières. Le temps que mettent les équipes pour atteindre la cible est un facteur crucial du succès de ces opérations. Selon les estimations, de meilleures données sur les courants de dérive et de surface permettraient d’accroître de 1 % l’efficacité des équipes de recherche et de secours, qui seraient alors en mesure de sauver chaque année six vies additionnelles.
L’amélioration de l’information sur les océans déboucherait sur une meilleure gestion des pêches. Ainsi, les pêcheurs passeraient moins de jours en mer avant d’atteindre le quota donné ou augmenteraient leurs prises pour un nombre donné de jours.
À l’instar des provinces maritimes, la région centrale du Canada a récemment été touchée par des phénomènes météorologiques violents. En 1996, l’inondation de la rivière Saguenay au Québec a provoqué des dommages d’une valeur de 1,7 milliard de dollars. Dans l’Est du Canada, la tempête de verglas de 1998, qui a frappé le Québec, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, a coûté au total 5,4 milliards de dollars.
En dépit du fait que l’amélioration de l’information et des prévisions météorologiques n’aurait pas empêché ces phénomènes de se produire, une plus grande compétence en matière de prévisions météorologiques et hydriques pourrait aider à prévenir une bonne partie des dégâts. Dans le cas de l’inondation au Saguenay et des glissements de terrain subséquents qui ont provoqué la mort de dix personnes et l’évacuation de 12 000 foyers, une bonne partie des dommages provoqués par l’inondation auraient pu être évités si des prévisions fiables du risque de pluies abondantes avaient été diffusées cinq jours à l’avance et si des mesures d’intervention pertinentes avaient alors été prises.
Les milieux urbains sont aux prises avec bon nombre de problèmes sanitaires uniques, par exemple, le grand nombre de personnes pouvant éventuellement être touchées par des catastrophes (naturelles ou industrielles), la consommation d’eau et la pollution. De meilleures observations permettraient de cerner l’incidence de ces problèmes sur le plan sanitaire avant qu’ils ne se transforment en situations de crise. L’observation plus poussée de la Terre amènera les planificateurs à saisir les conséquences de l’urbanisation et des diverses stratégies de développement sur leur milieu de vie immédiat.
Selon le Bureau d’assurance du Canada, les gouvernements canadiens consacrent désormais en moyenne 500 millions de dollars par année à la réparation des dégâts occasionnés par des phénomènes météorologiques extrêmes, surtout des dommages causés par les inondations et les sécheresses. L’inondation de la vallée de la rivière Rouge en 1997 aura coûté 817 millions de dollars.
Pour pouvoir atténuer l’éventuelle incidence future des inondations, nous avons besoin, entre autres, de renseignements sur les précipitations, les eaux de ruissellement, le contenu en eau de la neige accumulée et d’autres régulateurs du cycle hydrologique. Une meilleure observation de la Terre procurerait des renseignements additionnels aux responsables de la planification dans tous ces secteurs.
Selon les estimations de la Commission canadienne du blé, la sécheresse de 2002 s’est soldée, pour les producteurs de céréales et d’oléagineux, par des manques à produire de presque 2,8 milliards de dollars. Les paiements d’assurance-récolte ont atteint le sommet de 803 millions de dollars au cours des neuf premiers mois de 2002, une hausse de plus de 300 % par rapport à la moyenne quinquennale.
L’information transmise par le programme canadien Guetter la sécheresse est mise à profit aux fins d’intervention en cas de sécheresse. Le perfectionnement du réseau de capteurs à l’appui de ce programme, de même que l’intégration des renseignements sur les conditions du sol découlant de l’observation de la Terre, pourraient améliorer les produits liés à ce programme qu’utilisent les gouvernements, les courtiers en marchandises et les producteurs agricoles.
En 2002, l’exploitation forestière fournissait approximativement 360 000 emplois directs et représentait plus de 3 % du produit intérieur brut. Cette même année, les exportations de produits forestiers atteignaient au total 42 milliards de dollars. Les experts-forestiers ont besoin de données spatiales pour gérer de façon durable les terrains forestiers tout en tirant également des avantages économiques de l’exploitation des ressources.
Les données relatives à la combustibilité, actuelle ou future, de la forêt sont une exigence clé aux fins des activités de prévention des incendies et de la planification du déploiement des ressources en matière de lutte contre les incendies. Les observations et les prévisions relatives aux précipitations, à la température, à l’humidité et à la vitesse des vents sont les éléments clés de l’estimation de la combustibilité, actuelle ou future.
Suivant une étude réalisée à Kamloops, en Colombie-Britannique, l’utilisation pertinente des systèmes météo routiers (fondée sur des données découlant de l’observation de la Terre) pourrait réduire de 25 % l’épandage de sel et de 40 % les accidents les jours où la température est inclémente. L’amélioration des données et l’élargissement à l’ensemble du Canada des systèmes d’information météorologique pourraient se traduire par de prodigieuses économies.
Le Nord du Canada et les milieux arctiques en général sont les régions les plus touchées par la dispersion des produits chimiques toxiques, l’accumulation de la radioactivité et l’appauvrissement de l’ozone résultant des changements planétaires. La définition et la surveillance de l’incidence qu’auront ces changements sur la santé des résidents des régions polaires, des Premières Nations et des Inuits constituent un aspect particulier du problème pour le Canada.
L’observation de la Terre est également cruciale du point de vue de l’essor économique du Nord. Ainsi, aux fins de la construction envisagée du pipeline du Mackenzie, nous devrons dresser des cartes très détaillées du terrain et circonscrire les caractéristiques du sol en vue de cerner les régions où des glissements de terrain pourraient se produire.
Qui plus est, notre climat se modifie et, selon les prévisions, les changements climatiques se poursuivront, sous les latitudes polaires, à un rythme plus accéléré que la moyenne mondiale. Le manteau glaciel et le permafrost se transforment rapidement. L’observation de cette évolution est la première étape de l’évaluation et de la prévision de ses conséquences ainsi que de l’élaboration subséquente de stratégies d’adaptation fructueuses. Toutefois, bien des systèmes actuels d’observation in situ et de télédétection ont une couverture spatiale restreinte, les lacunes étant considérables dans les régions septentrionales et isolées. Nous devons accroître nos capacités d’observation de la Terre dans le Nord du Canada.
Les observations de la Terre sont essentielles aux nombreux services qu’offre le gouvernement du Canada aux Canadiens et aux Canadiennes ainsi qu’aux autres niveaux du gouvernement et du secteur privé. De plus, ces observations sont également importantes pour l’élaboration de connaissances par les chercheurs du gouvernement et du milieu universitaire.
Exemples des services offerts:
Le gouvernement fédéral tient le rôle primaire de leadership en matière OT au Canada. Les ministères fédéraux sont les plus importants investisseurs dans les plates formes et les capteurs en matière d’OT et de loin, les plus importants utilisateurs opérationnels d’OT. Les investissements en matière d’OT vont des systèmes de télédétection par satellite (Radarsat) aux réseaux de surveillance météorologique opérationnelle et de systèmes de prévision à un réseau et à des stations hydrologiques à l’échelle du pays. L’OT affecte tous les secteurs d’activités de la société canadienne.
Les ministères fédéraux utilisent les observations de la Terre comme source de données et de renseignements pour bon nombre de programmes et d’activités hautement prioritaires. Ces programmes sont souvent exécutés en collaboration avec d’autres ministères, avec le secteur privé, avec les provinces, avec les territoires et avec le milieu universitaire.
Exemples: